Partir en vacances pour pas cher. Article numéro deux.

Voyager pour pas un rond est possible, même au bout du monde, si vous arrivez à vous faire héberger gratuitement (voir la section hébergement de cet article), mais il y a un incontournable, si on va loin, c’est le billet d’avion qu’il faut payer.

Voyager gratuitement en avion avec les « miles ».

J’ai déjà donné pas mal d’infos dans des articles précédents sur la façon de dégoter des billets au meilleur prix. Mais, meilleur prix ne veut dire gratuit.

Il y a pourtant un moyen bien connu, qui vous permet de prendre l’avion sans sortir ses sous, c’est de payer sa place avec les « miles ».

Le système des « miles » est à la fois bien connu, disais-je, mais aussi peu utilisé, et surtout, très peu utilisé de façon performante, car il faut presque sortir de Polytechnique pour profiter vraiment de cet avantage.

Je ne vais pas expliquer ici l’art et la manière d’être un pro des « miles » aériens car, outre le fait que je suis loin d’en avoir saisi toutes les subtilités, il faudrait un livre entier pour livrer toutes les combines qui permettent de profiter de ce très bon plan, à condition d’être un expert.

Je vais juste présenter ici le principe de ce système, pour ceux qui ne connaissent pas, et qui seraient tenter d’en profiter.

Et ils auraient bien raison car les autres, tous les autres, ont tort.

Et je vais vous expliquer pourquoi, tout de suite.

 

Qu’est-ce que les « miles » aériens?

Le « mile » est une unité de longueur dans le ciel, tout comme le mille nautique est une unité de longueur sur les mers, pour les bateaux.

Pour les Polytechniciens, justement, et les curieux, ce « mile » aérien mesure exactement 1 609,344 mètres.

Le système des « miles » est une façon, pour les compagnies aériennes, mais pas que, de fidéliser et de récompenser leurs clients voyageurs. Comment ? Très simple :

Chaque fois que vous achetez un billet d’avion avec de l’argent sonnant, la compagnie, pour vous remercier, et pour vous fidéliser, vous fait cadeau d’une certaine quantité de « miles ».

Et quand vous avez reçu une belle quantité de miles, vous pouvez régler votre billet d’avion avec vos miles, et non avec votre CB, car à chaque vol correspond, automatiquement, un nombre donné de miles. Ce qui vous donne donc le choix du mode de règlement du billet.

Vous avez donc tout intérêt à commencer votre collection de miles, et ce, d’autant plus que vous les avez, en réalité, préalablement payés.

En effet, tous ces sièges occupés par des voyageurs qui non pas payés leur billet (tout comme les sièges vides d’ailleurs), coûtent très cher à la compagnie qui, du coup, pour se dédommager, les fait payer à qui, à votre avis ? Eh bien, à ceux qui ont payé leur place avec de l’argent.

Sachez, braves voyageurs, qui aimaient vous envoyer en l’air, que 14% environ du prix du billet est destiné à payer pour les sièges non payés des utilisateurs de miles. Cela fait tout de même 140 euros pour un billet de 1 000 euros. C’est pas tout à fait rien.

Et que, par conséquent, ceux qui n’utilisent pas les « miles », c’est-à-dire 95% des passagers, ont bien tort, car ils payent pour rien, c’est-à-dire pour les autres, ceux qui en profitent.

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Le nombre de « miles » que vous aller recevoir, et surtout celui que vous allez judicieusement utilisé pour payer en « mile point » votre billet (c’est là qu’il vaut mieux avoir fait de longues études de matheux, si possible), n’est vraiment pas simple à appréhender à l’avance, car un grand nombre de paramètres entrent en ligne de compte, dont voici quelques-uns :

  • Chaque compagnie aérienne a sa propre politique de « miles », son propre programme. Cependant un programme peut avoir été adopté par plusieurs compagnies.
  • Certains vols rapportent beaucoup plus de miles que d’autres (à prix de billet identique)
  • Le nombre de miles reçu dépend du vol choisi (en gros, plus on va loin et plus le billet est cher, plus on reçoit de miles). Dans le détail, ça veut dire que le nombre de miles dépend, pour un vol,
  • De la catégorie de confort du billet (éco, business, première)
  • De la classe du billet (vous avez surement remarqué que dans un avion, en classe éco, on a l’impression que personne n’a payé son billet le même prix que les autres)
  • De l’époque où vous avez acheté le billet (un an avant ou la veille du départ)
  • Les vols « domestiques » rapportent moins, en miles, que les vols « internationaux ».
  • Et pour finir, votre moyen de règlement du billet, le type de carte de crédit que vous allez utilisé va jouer sur votre bénéfice en miles.

Autrement dit, il y a des billets qui rapportent beaucoup plus que d’autres.

Et pour le règlement de la place dans l’avion avec des « miles », c’est pareil, c’est la même jungle, sauf que, pour un vol donné, il n’y a qu’un nombre de miles équivalent, en fonction de la classe de confort souhaitée.

Le problème ici, c’est que, certains vols coûtent très cher en miles, et d’autres, et pour une destination cependant plus lointaine, demandent moins de miles.

Car le « mile » permet aussi de remplir l’avion d’une ligne qui fait rarement le plein. Alors qu’à l’opposé, distribuer des places non payées sur des vols où les gens se bâtent pour trouver un siège serait, financièrement, contre productif.

S’y retrouver est donc un art, que peu de voyageurs maîtrisent vraiment. Or, un mauvais emploie de votre stock de miles peut s’apparenter à du gaspillage (de miles chèrement acquis).

En effet, certains achats s’avèrent extrêmement coûteux en miles (en particulier les partenaires des compagnies aériennes comme les loueurs de voitures, les hôtels et autres commerces, car on peut aussi obtenir des miles sans prendre l’avion) et, ils vaut mieux payer son billet pour ces vols et garder ses miles pour une utilisation plus rentable (ou alors changer sa destination de vacances).

Les « miles » aériens.

Deux ou trois autres infos indispensables à connaitre sur ce sujet :

  • Tout le monde (sauf les enfants) peut bénéficier de ce système de distribution de miles.
  • Il suffit de s’inscrire en ligne (c’est gratuit) ou, par exemple, d’aller remplir sa demande à un comptoir d’Air France, si on choisit ce groupement aérien.
  • Les miles sont personnels. Pour un couple, chacun doit faire sa demande.
  • Les compagnies aériennes sont maintenant regroupées en trois grands groupes. Vos miles acquis sont utilisables dans toutes les compagnies du groupe et chez tous les partenaires externes à l’aviation. Mais, attention, utiliser les avions de certaines des compagnies de l’alliance ne vous rapportera aucun miles.
  • Ces trois groupes ne sont pas tous aussi intéressants pour l’utilisation des miles. Il faut donc bien choisir le groupe auquel on va adhérer pour profiter au maximum des avantages liés aux miles car cela va « imposer » le choix des compagnies aériennes que l’on va utiliser afin de capitaliser des miles difficiles à obtenir.
  • Malheureusement ( ?) le groupe centré autour d’Air France/KLM est le moins intéressant des trois, à cause, en particulier, de notre très chère compagnie nationale, leader de cette alliance, qui se montre extrêmement « PINGRE » question cadeaux de miles et qui, de plus, pratique une opacité dans l’information, dans la grande tradition des entreprises publiques françaises.
  • Vous avez le droit de vous inscrire au programme de n’importe quelle compagnie aérienne au monde.
  • Sur chaque vol, il n’y a qu’un petit nombre de billets payables en miles. Il faut donc s’y prendre à l’avance.
  • L’Amérique du nord est le paradis du système des miles (c’est d’ailleurs American Airlines qui inventa le système en 1980). Les offres sont très nombreuses et la concurrence féroce. L’Europe et la France sont (qui s’en étonnera ?) très à la traine. La générosité d’un coté. Le replis sur soi de l’autre. Pauvre de nous !!!!
  • Enfin, les compagnies « low cost », évidemment, n’ont pas de politique de « miles ». Cependant, des low cost, filiales des grandes compagnies historiques peuvent profiter du système de miles de la compagnie, ou même proposer leur système de miles. Ainsi EUROWINGS, le regroupement des filiales de Lufthansa, propose un système de fidélisation appelé « BOOMERANG ». Transavia, la low cost d’Air France ne vous crédite d’aucun miles sur votre compte « FlyingBlue », cependant, vous pouvez acheter un billet Transavia avec les miles de FlyingBlue. Par contre vous pouvez en gagner avec « HOP ! », autre filiale d’Air France.
  • Evidemment, il y a aussi, parfois, des promotions. Sur certaines lignes, et pour une période donnée, la compagnie vous gratifiera d’un nombre de miles supérieurs.
  • Vous pouvez enfin, avec vos miles, profiter d’un sur classement, c’est-à-dire voyager en business class et même en première, avec tout le standing attenant, et une attention particulière que les compagnies dédient uniquement à leurs voyageurs VIP. C’est une expérience qui, évidemment, coûte cher en miles mais, si vous patientez le temps qu’apparaisse une promo, vous permet, occasionnellement, de voyager luxueusement au prix d’une place ECO, et en plus, sans avoir à sortir de l’argent. En quelque sorte, vous réalisez un rêve…

Je vois que vous êtes en train de chercher votre boite d’aspirine. Je vous comprends. Et encore, je ne suis pas entrer dans les détails.

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Les trois grandes alliances aériennes sont :

  • L’alliance SKYTEAM (AF/KLM plus, Delta Airlines, Alitalia, Aeromexico, Continental Airlines et de nombreuses autres, soit 20 compagnies au total). Air France/KLM propose le programme « Flying Blue ». Inscription au programme sur www.airfrance.fr ou à un comptoir de la compagnie nationale. Vous obtiendrez, outre toutes les infos sur le fonctionnement actuel de leur système, un numéro que vous devrez indiquer chaque fois que vous faites un achat donnant lieu à des miles dans cette « alliance ».
  • L’alliance STARALLIANCE (Lufthansa plus Swissair, Thai, Singapure Airlines, en tout 28 compagnies aériennes). Lufthansa propose le programme de fidélité « Miles and More ».
  • L’alliance ONEWORLD (British Airways plus Quantas, Japan Airlines, en tout 15 compagnies aériennes). British Airways propose le programme « Executive Club ».

 

Depuis le 11 septembre, plus la concurrence terrible des low cost, la plupart des compagnies aériennes sont dans le rouge.

Elle passent toutes leurs dépenses au peigne fin afin d’économiser le moindre euro.

Et malheureusement, le programme de miles a subit lui aussi un essorage depuis un paire d’années, car il coûte très cher aux compagnies aériennes.

On l’estime a environ 800 million d’euros par an chez Air France et à plus d’un milliards et demi chez Lufthansa.

Maintenant, les amateurs de miles sont au régime sec et, en particulier ceux des classes ECO, qui n’ont plus droits qu’à des miettes, les compagnies misant tout sur les passagers qui leur rapportent vraiment de l’argent, ceux des premières et des business class.

Voici l’adresse internet de “FlyingBlue”. Si vous voulez comprendre (prévoir une grande bouteille d’eau, au moins deux boites d’aspirine, et avertissez les urgences avant la première connexion, car même « Que choisir », qui a tenté de mener une enquête, n’y est pas parvenu) : https://www.flyingblue.com/index.html

Le site dispose d’un calculateur de miles. Vous entrez les villes de départ et d’arrivée, la classe de confort (Economy), et vous choisissez la compagnie aérienne.

Le programme vous donne alors le nombre de miles que vous pourrez récupérer. Il indique aussi le nombre de miles que vous devez avoir acquis si vous voulez payer ce vol avec vos miles.

Vous voyez qu’il y a 4 statuts : Ivory, Silver, Gold et Platinium, qui vous rapporte de plus en plus de miles.

Vous passez d’un statut à l’autre en accumulant plus de miles.

Plus vous consommez d’offres FlyingBlue, plus vous êtes un bon client, qu’il faut bichonner et récompenser en offrant plus de miles et divers autres avantages en cadeau.

Les miles acquis chez FlyingBlue sont valable à vie mais, car il y a toujours un mais, vous devez faire au moins un vol qualifiant (c’est-à-dire un vol qui rapporte des miles) tous les 20 mois.

Catastrophe si vous prenez rarement l’avion ou que vous économisez pour vous offrir le voyage de vos rêves.

A moins que…

A moins que vous ne disposiez en plus de la carte American Express Air France.Carte American Express Air France

Car avec cette carte, chaque fois que vous faites un achat, même de quelques euros, vous prolonger votre validité de miles de 20 mois supplémentaires (à compter bien sûr de la date de votre achat avec cette carte).

Pour vous montrer un peu plus le système Flying Blue d’Air France, je vous incite à lire (préparez vos mouchoirs d’abord) l’article, qui a moins d’un an, que le journaliste de SLATE, Frédéric Martel, a tiré de ses propres déboires avec la compagnie nationale, et comment il est remercié par une compagnie qu’il emprunte tous les mois pour son travail.

Voilà l’adresse de son article édifiant : http://www.slate.fr/story/103893/air-france-programme-de-fidelite

Vive la France ! Ok.

Vive Air France ! Euh, ça demande réflexion…

Si vous avez des infos pertinentes sur les miles ou sur notre adorable compagnie nationale, faites-en profitez les autres. Histoire de leur éviter de perdre de l’argent.

A très bientôt pour le prochain article.

 

 



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